Posté le 9 octobre 2015 - par Seydi Diamil
Le 23 février 2015, un SDF m’a appris la vie / Seydi Diamil Niane
Après cette rencontre, je ne regarderai plus les sdf de la même façon. Oui, je vous le dis, après cette rencontre, je me méfierai d’utiliser le mot « fou » pour décrire ces humains que les hommes prennent pour des fous sans même se rendre compte de leur folie humaine.
Il était environs 14h30, alors que j’étais en train de prendre un café à l’un des distributeurs de boissons de la fac, soudain, un vieux est venu vers moi. Il avait l’âge de mon grand-père. C’était était un sdf que des gens avaient l’habitude de prendre pour un fou. Le vieux me dit :
-Veux-tu me payer un café mon fils?
- Bien-sûr, lui ais-je répondu. Puis il me dit:
- Tu fais quoi comme étude? tu t’intéresses à quoi? Et moi de lui répondre:
- Je fais des études arabes et islamologiques. En fait je travaille sur le soufisme.
Whaw intréssant me répliqua-t-il.
Puis on s’est mis à discuter pendant une heure et demi. On a parlé de religions, de Dieu, de l’Homme, du respect, de l’Amour et de la paix. Bref on a dit beaucoup de choses. Mais il y a trois phrases qui ne m’ont pas laissé indifférent:
1) Il m’a dit: Tu es musulman? Si tu crois en Dieu, sois bon avec les êtres humains. Dieu n’a pas besoin que tu Lui dises Salam aleykum tous les jours, Il n’a même pas besoin de toi. Contrairement aux hommes.
2) Il m’a dit: Même si tes parents « te font chier », sois bien avec eux, puisqu’il était une fois, ce fut toi qui les « faisais chier » et ils t’ont toujours aimé. (Lors qu’il m’a dit ça, je me souviens que ma petite larme était beaucoup plus forte que moi, et je me suis rendu compte que le Verbe était vraiment puissant. Oui je me suis rendu compte qu’au commencement était le Verbe)
3) Il me dit: Si on veut vivre en paix, malgrè nos différences, il faut que chacun connaisse l’autre, son histoire et ses sensibilités. Sinon on ne peut pas vivre en paix.
Après notre longue discussion, je me souviens de m’avoir dit:
1) Mais punaise, qu’est qu’il est humain cet homme que l’on prend pour un fou.
2) Ma foi, qu’est qu’on est fou, nous qui le prenons pour un fou.
3) Je me souviens de m’avoir dit: louange à Celui qui, ce lundi 23 février 2015 vers 14h30, m’a poussé à aller prendre un café à l’un des distributeurs de boissons de la fac.
Voilà mon histoire avec cet homme, moi le fou qui prennais ce sage pour un fou, sans pour autant me rendre compte de ma folie humaine. Maintenant je m’en suis rendu compte.
Au-dela de cette histoire, le vieux m’a appris le sens de l’humanisme, le respect dans la diversité. Et je rêve d’un jour où l’humanité comprendra que l’unité n’est pas dans l’uniformité, mais plutôt dans le respect des particularités.
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