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Posté le 6 avril 2018 - par Seydi Diamil

Islam et extrémisme violent : réponse à la réponse de Sokhna Maï Mbacké Djamil / Dr Seydi Diamil Niane

Correspondances

Chère amie, ma Diamil préférée,

Le 18 janvier 2018, je t’adressai une lettre portant sur le rapport entre l’islam et l’extrémisme violent suite à un texte que tu avais publié sur ta page Facebook quatre jours plus tôt. Sans surprise, ta réponse ne tarda pas à venir. Je m’en réjouis et te fais part de ma fierté de te voir, ma très chère Sokhna Maï, relever le défi que je t’avais lancé. Cependant, je ne suis pas entièrement convaincu par tes explications.

Je n’aurais aucune difficulté à reconnaître que l’islam bénéficie d’un traitement un peu particulier dans les médias et chez les producteurs du discours politique en Occident. Surtout lorsqu’il s’agit d’aborder la question de la violence. D’ailleurs, je dis précisément dans mon dernier livre la chose suivante : «  je tiens à le préciser, les musul­mans n’ont pas à se justifier d’un acte dont ils ne sont pas responsables, de la même façon que les chrétiens ne peuvent pas être pointés du doigt à propos de la guerre en Irak. Que George Bush se réclame du christianisme, très bien, mais aucun chré­tien n’a à se justifier des actions engagées par une personne qui se réclame de sa religion ! De la même façon, les bouddhistes ne sont pas responsables de la persécution des Rohingyas par des moines qui se réclament du bouddhisme. [1]» Je fais aussi miens ces propos qu’Edward Saïd couchait sur papier en 1981 : « naturellement, le massacre de Jonestown, le terrible attentat à la bombe d’Oklahoma ou la dévastation de l’Indochine n’ont jamais été assimilés au christianisme, ni à la culture américaine ou occi­dentale dans son ensemble. Ce type d’analogie est réservée à ‘‘l’Islam’’.[2]» De ce point de vue, je suis entièrement d’accord avec toi.  En revanche, je pense que par honnêteté intellectuelle, nous devons accepter et avouer que nos textes, dans une certaine mesure, ont une certaine responsabilité dans ce qui nous arrive ! Je m’explique.

   Pour preuve, je t’ai cité ces deux propos tenus, le premier par Ibn ‘Abd al-Wahhab, le second par Rabī‘ al-Madḫalī :

1)      « celui qui ne répond pas à la prédication par la preuve, nous le faisons plier par l’épée [3]» 

2)     « Si votre but est de faire triompher la parole divine, Kalimat Allah, vous n’avez qu’à aller dans un État européen, que ce soit l’Italie, la France ou l’Espagne. Eux sont des vrais impies. Allez avec votre armée dans un pays  impie (kâfir), pêcheur (fâsiq) par l’impiété de son gouvernement et son peuple. Demandez-leur de rentrer dans l’islam […], s’ils acceptent, que la grâce en soit rendue à Dieu. S’ils refusent, demandez-leur de payer la jizya. S’ils refusent encore, alors le jihad devient légal…»[4].

Dans ta réponse, tu m’avais reproché de vouloir limiter l’islam à l’interprétation wahhabite. Je te cite : « Alors, si je comprends bien ton approche, les paroles de ces deux individus qui, je te l’accorde, donnent une justification juridique (dans leur juridiction qui n’est pas celui de tous les musulmans) à l’extrémisme et à la violence. Mais une justification loin d’être « religieusement » fondée car allant à l’encontre de l’essence de la parole coranique. Lorsque Abd al-Wahab professe ce qui suit : « Celui qui ne répond pas à la prédication par la preuve, nous le faisons plier par l’épée », il contredit tout simplement le Saint Coran dans son essence fondamentale. »

Très chère, je te l’aurais accordé avec beaucoup de plaisir si seuls les wahhabites défendaient cette position que tu considères religieusement infondée. Ma Djamil préférée, sais-tu que la position dominante de l’école malikite ne dit pas autre chose ? Voilà ce que Ibn Abî Zayd al-Qayrawânî, auteur de la Risala qui est l’un des livres les plus importants pour les adeptes d’Imam Malick et qu’on étudie dans tous les majâlis du pays :

والجهاد فريضة يحمله بعض الناس عن بعض وأحب إلينا أن لا يقاتل العدو حتى يدعوا إلى دين الله إلا»  أن يعاجلونا فإما أن يسلموا أو يؤدوا الجزية وإلا قوتلوا وإنما تقبل منهم الجزية إذا كانوا حيث تنالهم أحكامنا فأما إن «  بعدوا منا فلا تقبل منهم الجزية إلا أن يرتحلوا إلى بلادنا وإلا قوتلوا

 Présentation1

 

Ma jumelle adorée, me diras-tu que la position de l’école malikite, à laquelle étaient affiliés Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Seydi Elhadji Malick Sy, Qadi Majakhaté Kala, Mawlânâ Bay Niasse, etc, est « coraniquement infondée » ?

Que penses-tu de ce hadith, rapporté par Boukharî et par Mouslim ?

مِرْتُ أَنْ أُقَاتِلَ النَّاسَ حَتَّى يَقُولُوا: لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ، فَمَنْ قَالَ: لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ، عَصَمَ مِنِّي مَالَهُ، وَنَفْسَهُ إِلَّا بِحَقِّهِ، وَحِسَابُهُ أُ» «عَلَى اللهِ

« Il m’a été ordonné de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’est de divinité que Dieu et qu’ils croient en moi [en tant que prophète de Dieu] et en ce que j’ai apporté ». Cette parole du Prophète, jugée authentique par l’immense majorité des savants musulmans, ne va-t-elle pas dans le sens de la position d’Ibn ‘Abd al-Wahhâb et de Madḫalī ?

Allons plus loin, très chère amie. Tu convoques le Coran, je te cite : « Y’a t-il une source plus importante que le Coran en matière de religion islamique ? Je ne pense pas ! Alors pourquoi se fonder sur les visions personnelles d’un ou de plusieurs individus pour dire que l’islam détient une liaison avec l’extrémisme violent alors que le Coran stipule le contraire ?« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : « Paix ». 25/63 ».

Ce même Coran ne dit-il pas la chose suivante ? « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humilies » (9/29).

Chère Maï, source de fierté, ma jumelle et binôme, tu sais parfaitement que mon propos n’est pas de légitimer la violence faite au nom de l’islam, ni d’appeler mes coreligionnaires à se justifier. J’ai écrit un livre sur ce sujet. Mais lorsque je t’écrivais, dans ma première lettre, que « Face à cette justification juridique et religieuse de l’extrémisme violent, pointer du doigt les médias occidentaux au lieu de reconnaître que le problème est aussi islamique était-il la meilleure chose à faire ? », je voulais tout simplement dire qu’il faut un débat intra-islamique pour combattre toute lecture ou réflexion qui pourrait appeler à la négation de la dignité humaine.

Dans l’attente de ta réponse, ton jumeau, binôme et frère, Seydi Diamil Niane

Dakar, le 6 avril 2018.

Pour lire ma première lettre : http://lesouffleduvent.unblog.fr/2018/01/18/lettre-a-sokhna-mai-mbacke-diamil-dr-seydi-diamil-niane/

La réponse de Sokhna Maï Mbacké Diamil : http://maimbackedjamil.com/2018/02/21/reponse-a-seydi-djamil-nianeislam-et-extremisme-violent/

 

 

 

 


[1] Seydi Diamil Niane, Moi, musulman, je n’ai pas à me justifier, Paris, Eyrolles, 2017, p.53.

[2]Edward Said, L’Islam dans les médias, Actes Sud, 2011, p. 85.  

[3] Hamadi Redissi, Le pacte de Nadjd : Ou comment l’islam sectaire est devenu l’islam, Paris Seuil,  2007, p.94.

[4] Cité par Bernard Rougier, « Introduction », dans Qu’est-ce que le salafisme?, Paris, PUF, 2008, p. 16.  

Cet article a été posté le Vendredi 6 avril 2018 at 15 h 28 min et est rangé sous Correspondances. Vous pouvez suivre toutes les réponses à cet article à travers le RSS 2.0 Flux. Vous pouvez sauter la fin et laisser une réponse. Les Pings ne sont pas autorisés..

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